En fait, avant de vivre avec Julie et Thomas, je vivais en meute, comme je l'ai déjà expliqué. Du coup, quand je restais seul, je n'étais jamais vraiment seul. C'est la raison pour laquelle, quand je me retrouve tout seul dans l'appart, je panique sévère. Julie a fait une belle boulette aussi au début, parce qu'elle était tellement contente de m'avoir avec elle qu'elle m'a pouponné comme un bébé. Et comme elle était en vacances, ça a duré une semaine. Une semaine de "gazou gazou le petit Cocoky à sa maman". Et après, elle voulait que je sois zen quand elle partait. Elle rêvait complètement!
Au début, Thomas et Julie ne s'en sont pas rendu compte que je stressais quand ils partaient. Mais au bout d'un moment, bah, quelqu'un leur a dit que j'aboyais (si je le trouve celui-là!). Ils ont testé avec un téléphone, et ils ont entendu des hurlements de loup. Là, c'est eux qui se sont mis à stresser!
Ils se sont documentés pour savoir quoi faire. C'est là qu'ils ont su que je faisais de l'hyper-attachement, et que Julie s'est rendu compte qu'elle avait pris le problème à l'envers... Il ne faut pas ritualiser le départ et l'arrivée, et elle elle avait pas trouvé mieux que de me dire mille fois qu'elle allait revenir, qu'il fallait pas s'inquiéter, etc. Bon, elle se doutait bien que je pigeais que dalle, mais elle pensait pas que ça allait me stresser encore plus! A l'arrivée, elle me ramenait des friandises! Quand elle y repense elle se demande comment elle a pu faire ça, maintenant qu'elle sait comment il faut faire. Mais quand on ne sait pas on raisonne "humain", et pas "chien". Du coup, maintenant elle m'ignore avant de partir, et quand elle arrive idem. Elle s'entraine aussi parfois à mettre son manteau et à prendre ses clefs alors qu'elle ne va pas sortir, pour "déritualiser" le départ.
Mais tous ces efforts n'ont pas suffi. J'ai continué à hurler à la mort. Julie a mis un mot dans l'entrée qui disait qu'elle faisait son possible pour que je change de comportement, elle demandait aux gens d'être patients. Elle avait laissé son tel au cas où.
On lui a ensuite dit de se fâcher un peu avec moi. Elle est donc remontée dans l'appart dès qu'elle m'entendait aboyer pour se fâcher. Et quand elle n'entendait plus rien elle partait. Là, elle a pensé que tout était fini.
Mais 2 semaines plus tard, une gentille lettre lui expliquait que, non, ce n'était pas fini.
Le plan B a été lancé: collier anti-aboiement à la citronnelle. Et là, j'ai enfin arrêté d'aboyer. Le jet de citronnelle dans la truffe, très peu pour moi.
Maintenant, j'aboie plus. Sauf quand Thomas m'entraine à user de mon organe vocal comme un mâle (il trouve que quand je chouine c'est pas assez masculin).
Mais c'est pas parce que j'aboie plus que j'angoisse plus. Je suis toujours hyper-attaché, z'ont pas agi sur la cause... C'est pour ça que Julie continue les "exercices" pour m'hyper-détacher. Et tout à l'heure, en faisant le ménage, elle arrêtait pas de me dire "Coocky, panier, pas bouger". Bah ouais, quoi, quand elle passe le balai, je me poste au milieu de la pièce, et si possible sur le tas de poussières. Si j'ai pas Julie en visuel, ça va pas dans ma tête de Cocker. Du coup, pendant le ménage de tout à l'heure, j'ai tenté un coup fumant: j'me suis planqué sous le rideau:
Elle m'a trouvé tellement choupinou qu'elle a arrêté de balayer pour prendre plein de photos. Oh yearh, I won, I'm the best cocker of the world!
Pour le plaisir des yeux (parce que je suis le plus beau, bien sûr):